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Une étude révèle que 74% des juifs de France ont déjà subi une forme de comportement antisémite.

Par Ben Cohen, The Algemeiner

Une étude approfondie de l’antisémitisme en France a révélé que la grande majorité des juifs français – 74% – ont déjà connu une forme de « comportement antisémite au cours de leur vie, allant de la moquerie à l’agression physique, en passant par les insultes ou les menaces verbales« .

Publiée mardi, l’étude, menée conjointement par l’American Jewish Committee (AJC) et le groupe de réflexion Fondapol basé à Paris, a interrogé plus de 1 500 non-juifs sur leur compréhension de la profondeur et de l’étendue de l’antisémitisme, et plus de 500 juifs sur leurs expériences de sectarisme.

L’étude a révélé un accord commun sur le fait que l’antisémitisme en France est sur une trajectoire ascendante, 64 % des répondants non juifs et 73 % des répondants juifs reconnaissant la forte augmentation des préjugés ciblant les juifs au cours de la dernière décennie.

L’antisémitisme musulman et antisioniste a été identifié comme la principale menace pour la communauté juive, 53 % des répondants non juifs citant le déni du droit à l’existence d’Israël comme problème principal – un nombre qui est passé à 62 % chez les juifs interrogés. De même, 48 % des non-juifs et 45 % des juifs ont cité les « idées islamistes » comme un facteur déterminant, aux côtés des théories du complot et de l’idéologie d’extrême droite.

L’étude a révélé que 15% des musulmans français « avouent ressentir de l’antipathie envers les juifs, une proportion supérieure de 10 points à celle mesurée dans l’ensemble de la population française« . Elle a également souligné d’énormes écarts entre les musulmans et la population dans son ensemble en ce qui concerne les tropes antisémites. Alors que 24 % de la population française dans son ensemble pense que les juifs exercent une « mainmise » sur les médias, ce nombre est passé à 54 % chez les musulmans en particulier. De même, 51 % des musulmans s’accordent à dire que les juifs dominent l’économie française, contre 26 % au sein de la population générale.

L’étude a également noté que la religiosité était un facteur dans le comportement des musulmans envers les juifs. « L’adhésion aux préjugés est liée à l’intensité de la fréquentation des lieux de culte« , observe l’étude. « Par exemple, 61 % des musulmans qui fréquentent la mosquée chaque semaine pensent que « les juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de l’économie et de la finance », contre 40 % chez les non-pratiquants ».

Chez les jeunes, le profil de l’antisémitisme en tant que problème social s’est également accru. L’étude a révélé qu’en 2021, 63 % des personnes âgées de 18 à 24 ans avaient subi des insultes antisémites, contre 53 % des personnes interrogées en 2019. Les plateformes de réseaux sociaux ont été citées comme des domaines clés où les jeunes sont confrontés à des invectives antisémites, mais les écoles ont été décrites comme « le premier lieu d’exposition à la violence antisémite ».

Les partisans des partis et mouvements extrémistes sont plus susceptibles de croire que l’antisémitisme est exagéré, révèle l’enquête. Parmi les sympathisants de l’extrême gauche « La France Insoumise » , 22 % ont estimé que l’antisémitisme était exagéré par rapport à son importance réelle, 20 % des sympathisants du Rassemblement national (RN) d’extrême droite et 22% des militants anti-vaccination disent la même chose.

La réponse de l’État français à l’antisémitisme a également été explorée dans l’enquête. Interrogés sur la décision de la plus haute juridiction française d’éviter au meurtrier de Sarah Halimi, une femme juive, un procès pour cause d’irresponsabilité pénale due à la consommation de cannabis, 72 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles n’étaient pas d’accord. Répartis selon les critères religieux, 75 % des catholiques se sont opposés à la décision Halimi contre 56 % des musulmans.