Benjamin Netanyahu and Oman's Yusuf bin Alawi. (scrreenshot) screenshot
Benjamin Netanyahu and Oman's Yusuf bin Alawi. (scrreenshot)

Le Premier ministre israélien a déclaré qu’il prévoyait de travailler avec les pays arabes lors d’une conférence sur le Moyen-Orient soutenue par les États-Unis à Varsovie, afin de se concentrer sur “l’intérêt commun” de la lutte contre la menace iranienne.

Par: Associated Press et l’équipe d’Unis avec Israël

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a reçu un accueil chaleureux de la part du ministre des Affaires étrangères d’Oman, Yusuf bin Alawi, lors d’une importante conférence qui s’est tenue mercredi en Pologne au sujet du Moyen-Orient.

Le sommet a permis à Netanyahou de souligner l’amélioration des relations entre Israël et les pays arabes du Golfe.

Plusieurs représentants du Golfe devraient participer à une éventuelle manifestation de force à l’encontre de l’Iran, qui n’a pas été invité, alors même que l’Autorité Palestinienne avait appelé au boycott de la conférence.

Les États-Unis et la Pologne ont parrainé la conférence de Varsovie, qui vise officiellement à promouvoir la paix et la sécurité au Moyen-Orient, mais semble se concentrer sur l’isolement de l’Iran.

L’Iran a qualifié le rassemblement de “cirque” américain anti-iranien. La Russie a annoncé qu’elle n’assisterait pas à la conférance. La responsable de la politique étrangère de l’Union Européenne, Federica Mogherini, sera également absente de l’événement.

Pour l’administration Trump, cette conférence constitue une excellente occasion de réunir tous ses alliés du Moyen-Orient. Pour la Pologne, elle offre une chance de renforcer les liens avec Washington alors qu’elle cherche à obtenir une protection accrue de la Russie.

Mais le véritable gagnant pourrait être Netanyahou, qui a répété à maintes reprises qu’Israël avait développé de manière sous-terraine de bonnes relations avec plusieurs États Arabes, malgré le manque de liens officiels. La divulgation de ces contacts au grand public marque un coup d’Etat diplomatique majeur, confirmant ainsi son objectif d’améliorer la position d’Israël dans le monde.

‘Une nouvelle ère’

Le bureau de Netanyahou a publié mercredi une vidéo de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Yusuf bin Alawi. Netanyahou, qui s’était rendu à Oman en octobre dernier, avait qualifié l’invitation de l’Etat du Golfe de “courageuse” et a déclaré que de “nombreux” pays suivaient l’exemple d’Oman, laissant entendre que d’autres rencontres se tiendraient au cours de la conférence.

Bin Alawi a déclaré que les peuples du Moyen-Orient avaient “beaucoup souffert” parce qu’ils étaient restés focalisés sur le passé et que la réunion de mercredi reflétait une “nouvelle ère“.

Netanyahou a ajouté: “La courageuse décision du sultan Qaboos de m’inviter à Oman est en train de changer le monde. Elle montre à de nombreuses autres personnes la voie pour faire ce dont vous avez parlé, non pas pour rester coincé dans le passé, mais saisir l’avenir. Plusieurs suivent cette voie, y compris à travers cette conférence.

Il a poursuivi: “Je vous remercie pour cette politique positive qui peut mener à la paix et à la prospérité pour tous. Je tiens à vous remercier au nom du peuple d’Israël et je me permets de le dire au nom de nombreuses personnes du Moyen-Orient. “

Avant de s’envoler pour la Pologne, Netanyahou a déclaré aux journalistes mardi que l’objectif de la conférence serait l’Iran, un thème qui “a uni Israël, les Etats-Unis et de nombreux pays du monde“.

Danny Danon, ambassadeur israélien auprès des Nations-Unies, a déclaré que ses contacts privés avec des responsables arabes étaient beaucoup plus chaleureux que ce qui se dit en public.

A l’heure actuelle, ils coopèrent déjà avec nous“, a-t-il déclaré récemment à des journalistes à Jérusalem. “Nous leur demandons de nous reconnaître et de ne pas avoir honte d’utiliser notre technologie ou nos systèmes de défense.”

Israël a signé des accords de paix avec l’Égypte et la Jordanie et des liens qui ont longtemps été noués avec d’autres pays arabes ont commencé à s’afficher, des préoccupations communes concernant l’Iran ayant éclipsé le problème palestinien ces dernières années.

Quelques jours après la visite de Netanyahou à Oman, deux de ses ministres se sont rendus aux Émirats Arabes Unis au cours de l’automne dernier à l’occasion d’une conférence sur la sécurité et pour encourager une délégation israélienne lors d’un tournoi de judo – où l’hymne israélien a été joué après la victoire d’un concurrent israélien.

L’Arabie saoudite, longtemps soupçonnée d’entretenir des liens indirects avec Israël, a levé une interdiction imposée depuis des décennies à l’utilisation de son espace aérien pour des vols à destination d’Israël lors du printemps dernier. Les dirigeants du petit Etat du Bahreïn, situé dans le Golfe, ont également exprimé leur volonté de normaliser leurs relations.

Les États Arabes du Golfe ont moins fait entendre leur antipathie traditionnelle à l’égard d’Israël, craignant de plus en plus l’Iran pour son implication dans divers conflits régionaux et son soutien à divers groupes terroristes armés. Se rapprocher d’Israël les aide également à gagner les faveurs de Washington.

Les ministres des Affaires Etrangères d’Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis devraient également y assister et rencontrer le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. On ignore quel sera leur niveau d’engagement avec la délégation israélienne.

Netanyahou s’est récemment rendu au Tchad, une nation africaine à majorité musulmane, pour rétablir officiellement les relations après 50 ans et a promis qu’il y aurait bientôt d’autres visites et annonces de ce type.