(AP/Vahid Salemi)
Iran uranium

L’Iran n’a pas renoncé à ses ambitions d’enrichissement, même si d’importantes questions subsistent quant à son infrastructure souterraine et ses stocks d’uranium enrichi.

Par l’équipe d’Unis avec Israël

De nouvelles images satellites ont détecté une activité sur plusieurs sites nucléaires iraniens clés, ravivant les inquiétudes quant à la possibilité que Téhéran se positionne pour relancer certains aspects de son programme nucléaire, malgré les importants dégâts infligés par les frappes américaines et israéliennes du début de l’année.

Ces conclusions proviennent de l’Institute for Science and International Security (ISIS), une organisation à but non lucratif basée à Washington et dirigée par David Albright, ancien inspecteur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), spécialisée dans l’analyse de la prolifération nucléaire grâce au renseignement technique et à l’imagerie satellite.

Après avoir examiné des images de Natanz, Fordo, Ispahan, Pickaxe Mountain et d’autres installations liées au nucléaire, l’ISIS a conclu qu’il n’existait aucune preuve que l’Iran ait repris l’enrichissement d’uranium et que son programme de production par centrifugation demeure détruit.

L’institut a toutefois averti que l’Iran n’avait pas renoncé à ses ambitions d’enrichissement, tandis que d’importantes questions subsistent quant à son infrastructure souterraine et ses stocks d’uranium enrichi.

Le rapport met en lumière l’activité de circulation en cours et les travaux de construction au complexe de tunnels souterrains de Pickaxe Mountain, au sud de Natanz, où les routes menant aux entrées ouvertes des tunnels montrent des signes d’utilisation continue.

Bien que l’institut estime que le site ne soit actuellement pas en mesure d’exploiter ou de stocker de l’uranium enrichi, il souligne que la poursuite des travaux de construction est préoccupante, car le mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran exige de ce dernier le maintien du statu quo sur les installations nucléaires.

Par ailleurs, des images satellites ont montré que les entrées des tunnels de Natanz, Fordo et Ispahan restaient scellées ou remblayées après les frappes, piégeant ainsi ce que l’institut considère comme les stocks restants d’uranium enrichi de l’Iran, dont environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %.

Le rapport indique également que les installations souterraines de Natanz pourraient encore contenir des centrifugeuses, des composants et d’autres équipements intacts, bien que le site demeure inaccessible en raison de la destruction de ses entrées.

En surface, les dégâts semblent considérables. L’institut n’a trouvé aucune preuve que l’Iran ait commencé la reconstruction des installations de production de centrifugeuses détruites, tandis que les halls d’enrichissement souterrains de Natanz restent inaccessibles et que les infrastructures critiques, notamment les systèmes d’alimentation électrique et les équipements de refroidissement, n’ont pas été remises en service.

Le rapport souligne néanmoins que des questions demeurent sans réponse concernant la localisation de l’uranium enrichi iranien, les équipements nucléaires encore existants et l’état des installations susceptibles d’être réutilisées pour un enrichissement futur. Il note également une activité inhabituellement intense autour du complexe de soutien de Fordo, dont la signification reste toutefois incertaine.

L’Iran continuant de refuser aux inspecteurs un accès complet à ses sites nucléaires et n’ayant pas fourni les informations requises concernant son stock d’uranium enrichi ni ses centrifugeuses, l’institut a exhorté l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à publier des évaluations plus détaillées, fondées sur l’imagerie satellitaire, et à intensifier la surveillance de toute tentative de récupération de matières nucléaires ou de reconstruction d’installations sensibles.

Tout en concluant que le programme d’enrichissement iranien demeure, pour l’instant, effectivement hors service, l’institut a insisté sur le fait que les infrastructures restantes, les installations souterraines et les stocks d’uranium enrichi continuent de présenter un risque de prolifération et nécessitent un démantèlement vérifiable ou une mise hors service plus poussée afin d’empêcher toute reconstitution du programme.