A Russian Soyuz rocket lifts off carrying an Iranian Khayyam satellite into orbit at the Russian leased Baikonur cosmodrome in Kazakhstan, Aug. 9, 2022. (Roscosmos via AP) A Russian Soyuz rocket lifts off carrying an Iranian Khayyam satellite into orbit at the Russian leased Baikonur cosmodrome in Kazakhstan, Aug. 9, 2022. (Roscosmos via AP)

Le satellite Khayyam offrirait à Téhéran la capacité de surveiller Israël, les mouvements de troupes américaines et les installations sensibles dans tout le Moyen-Orient et le golfe Persique.

Par Pessa’h Benson, Unis avec Israël

La Russie a annoncé mardi matin le lancement réussi d’un satellite iranien en orbite.

Le satellite de télédétection, nommé Khayyam, contient une caméra haute résolution qui, selon Téhéran, ne sera utilisée qu’à des fins civiles. La ligne officielle de l’Iran est que le satellite sera utilisé pour surveiller les ressources en eau, améliorer la production agricole, gérer les catastrophes naturelles et aider à surveiller les frontières du pays.

Si le satellite fonctionne, cela donnerait à l’Iran la capacité de surveiller Israël, les mouvements de troupes américaines et les installations sensibles dans tout le Moyen-Orient et le golfe Persique, telles que les bases militaires, les sites nucléaires, les voies de navigation, les raffineries de pétrole et d’autres infrastructures critiques.

Le Washington Post a rapporté l’année dernière que la Russie et le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran avaient conclu un accord secret pour que Moscou fournisse à Téhéran un satellite espion. Selon ce rapport du Post, le satellite serait exploité par le personnel du CGRI dans une installation de la ville de Karaj, dans le nord de l’Iran.

Le CGRI est chargé de défendre le régime des mollahs, d’empêcher l’armée iranienne de prendre le pouvoir et de protéger la République islamique de l’ingérence étrangère. On pense qu’il compte plus de 250 000 militaires et figure sur la liste des organisations terroristes étrangères du département d’État américain.

Le CGRI est également le fer de lance des relations de l’Iran avec les milices mandataires à l’étranger telles que le Hamas, le Hezbollah et les Houthis du Yémen et est profondément impliqué dans les programmes nucléaires et aérospatiaux de l’Iran.

Citant des responsables du renseignement occidental, le Post a également rapporté que la caméra avait une résolution de 1,2 mètre, ce qui est en deçà des capacités occidentales, mais une nette amélioration pour l’Iran.

Le Khayyam a été emporté dans l’espace par une fusée Soyouz lancée depuis l’installation de lancement de Baïkonour, située au Kazakhstan et louée par la Russie.

Les médias suggèrent que la Russie pourrait d’abord utiliser le satellite pour espionner l’Ukraine pendant un certain temps, mais les responsables iraniens ont déclaré qu’ils maintiendraient le contrôle sur le Khayyam « dès le premier jour ».

Le satellite risque de causer du souci à Israël. Les responsables israéliens devront supposer que les photos de Khayyam seront partagées avec les alliés régionaux de l’Iran, au premier rang desquels le Hezbollah. Cela pourrait également compliquer une éventuelle frappe aérienne sur les installations nucléaires iraniennes.

Israël a toujours fait pression pour empêcher les entreprises américaines d’imagerie par satellite de publier des photos haute résolution de l’État hébreu. La crainte est que des images plus détaillées puissent être utilisées par des groupes terroristes pour mieux cibler les infrastructures israéliennes critiques, telles que le réacteur nucléaire de Dimona, les installations pétrochimiques de Haïfa, les bases de l’armée de l’air ou d’autres sites sensibles. L’imagerie satellite d’Israël est régie par l’amendement Kyl-Bingaman.

Les efforts de l’Iran pour mettre des satellites espions en orbite ont été retardés par un certain nombre de lancements ratés ces dernières années.