Les résidents chrétiens de la ville de Jifnah, sous l’Autorité Palestinienne, ont été attaqués par des activistes du Fatah et contraints de payer la rançon du Jizyah après qu’une femme de la localité se soit plainte à la police au sujet du fils d’un haut responsable du Fatah.

Par TPS

Des activistes du Fatah sont entrés dans le village en conduisant sauvagement, en tirant à l’arme à feu et en lançant des bombes incendiaires sur des bâtiments, causant des dégâts considérables. Les coups de feu ont eu lieu vendredi dans une zone presque exclusivement chrétienne située au nord de Jérusalem et près de Ramallah. L’agression faisait apparemment suite à une plainte déposée par une femme de la région contre le fils de Khalil Razeq, haut responsable du Fatah, qui, selon elle, aurait conduit de manière imprudente et violente et aurait presque frappé son fils et elle-même.

Cette plainte, déposée par une chrétienne, a enragé Razeq qui a rassemblé des membres du Fatah pour se venger. Des habitants des lieux ont rapporté que des membres des forces de sécurité de l’Autorité Palestinienne avaient également pris part à l’attaque.
A travers un avis publié sur Facebook, les chrétiens de Jifnah se sont plaints de la perte de sécurité et de leurs biens, en particulier après avoir été forcés à payer la Jizyah. Ils ont exigé que le Premier ministre nouvellement nommé, Mohammad Ishtayeh, intervienne pour assurer leur sécurité et dénonce le comportement “raciste et sectaire” d’un “haut responsable“.
Un membre de l’une des familles a déclaré à TPS que les membres du Fatah leur avaient ordonné de payer la Jizyah «pour pouvoir bénéficier de la protection de l’Autorité Palestinienne» et que l’incident avait été causé par la haine religieuse et sectaire. La Jizyah est une taxe annuelle per capita perçue par la loi islamique sur des sujets non musulmans résidant sur des terres musulmanes. La taxe est une contrepartie de la protection fournie par le souverain musulman aux non-musulmans, de l’autorisation de pratiquer une religion non-musulmane avec une certaine autonomie communautaire dans un État musulman, et sert de preuve de la soumission des non-musulmans aux musulmans.
Certains ont compris que la Jizyah constituait également une humiliation rituelle des non-musulmans pour ne pas s’être convertis à l’islam.

Le dirigeant de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, responsable des forces armées, a été vivement critiqué. Il a été accusé de rester immobile alors que ses «voyous» agissaient avec peu de retenue. Les utilisateurs de réseaux sociaux ont été mis en garde contre de nouveaux crimes motivés par la haine, tels que les récentes attaques contre des églises au Sri Lanka, tandis que des journalistes ont condamné l’anarchie dans les rues de l’Autorité Palestinienne et appelé au rétablissement de l’ordre.
Le Fatah, le parti au pouvoir au sein de l’Autorité Palestinienne, a été accusé de promouvoir la violence tout au long de son existence. Certains ont exprimé leur solidarité avec les chrétiens assiégés et ont déclaré que l’attaque était un assaut «contre tous les foyers en Palestine». Le Hamas, rival du Fatah, a profité de l’incident pour embarrasser Abbas, qui avait déjà par le passé accusé le Hamas d’avoir agi violemment contre les chrétiens de la bande de Gaza.
Lors d’une cérémonie en l’honneur du Vendredi saint à Ramallah, Ishtayeh a déclaré samedi “la communauté chrétienne fait partie de la nation palestinienne“.

Jifnah, l’un des six villages chrétiens de la région de Ramallah, abrite environ 2 000 chrétiens, dont 400 ont immigré dans d’autres pays.