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Un groupe d’arabes torturés par l’Autorité Palestinienne vient de tirer une précieuse conclusion: les organisations de défense des Droits de l’Homme n’interviendraient que lorsqu’Israël se trouve impliqué.

Traduit de l’article de: Yoni Ozery, Institute of Zionist Strategies

Cinquante-deux arabes israéliens et palestiniens, victimes de tortures pratiquées par l’Autorité palestinienne  (AP), ont récemment remporté une action en justice intentée contre l’AP. L’étape suivante, celle de la détermination des dommages, a quant à elle soulevé plusieurs difficultés en raison du besoin de spécialistes médicaux compétents. L’avocat des cinquante-deux victimes a pris attache avec un certain nombre d’organisations de défense des Droits de l’Homme, mais a finalement reçu pour seule réponse: « Assistance? Seulement si les poursuites visent Israël« .

Au mois de juin dernier, le Tribunal de district de Jérusalem a rendu une décision judiciaire déclarant l’Autorité Palestinienne responsable des blessures physiques et morales infligées à pas moins de cinquante-deux plaignants – arabes israéliens et palestiniens soupçonnés par l’AP de collaboration avec Israël – et a sollicité de l’AP le versement d’une compensation à leur profit. Les victimes représentées au procès ont par la suite rencontré des difficultés pour déterminer le niveau d’indemnisation, étant incapables de trouver, mais également de financer les médecins disposés à leur fournir l’évaluation professionnelle nécessaire pour déterminer leurs degrés d’incapacité.

En conséquence, le cabinet d’avocats représentant les plaignants, Rom-Arbus-Kedem-Zur, s’est adressé à plusieurs organisations de défense des Droits de l’Homme dans l’espoir d’obtenir de l’aide pour trouver des spécialistes dans divers domaines médicaux. La seule réponse à leurs sollicitations a été formulée par le Mouvement des Droits de l’Homme « Bleu et Blanc » de l’Institut des Stratégies Sionistes, qui a volontairement répondu.

Comme mentionné, le verdict du Tribunal publié en juillet comporte un compte rendu détaillé de la situation de chacun, et des circonstances l’ayant entraînée. Le résultat est toujours le même: les causes sont celles de détentions généralisées dans toute la Judée et la Samarie de ceux soupçonnés de collaborer avec Israël. La torture vicieuse décrite par les plaignants comprenait des passages à tabac avec des fils métalliques et des tuyaux en caoutchouc, des brûlures de cigarettes, des pendaisons pendant des heures et une privation de sommeil et de nourriture. Par conséquent, les demandeurs ont subi de graves dommages tenant tant à leur santé physique que mentale.

« Un Tribunal israélien a déterminé que la responsabilité des blessures des plaignants incombait à l’Autorité Palestinienne, à laquelle le Tribunal a imposé l’obligation de verser des dommages et intérêts« , a déclaré leur avocat Adv. Barak Kedem, lors d’une interview avec 360 . Il a également expliqué que les médecins spécialistes étaient désormais tenus d’évaluer les incapacités des victimes et de permettre ainsi au tribunal de fixer des dommages-intérêts.

Kedem a révélé qu’en raison de la complexité des blessures subies, le coût de l’examen de chaque victime pouvait atteindre plusieurs milliers de shekels, mais qu’aucune source de financement n’était destinée à cette cause. « Il s’agit de personnes qui souffrent d’un certain nombre d’incapacités parallèles – handicap physique, psychiatrique, urologique et autres.Certains souffrent de cinq handicaps ou plus et ont donc besoin d’experts pour déterminer leur profil d’incapacité globale ».

Assistance? Seulement pour les palestiniens qui poursuivent Israël

Les avocats ont par conséquent fait appel à une série d’organisations de défense des Droits de l’Homme dans le cadre d’un plaidoyer sollicitant de l’aide, plaidoyer qui, comme mentionné précédemment, a dans la majeure partie des cas été refusé ou simplement ignoré. « Nous avons besoin de médecins volontaires pour examiner les plaignants, et également d’une aide financière pour payer leurs frais« , souligne Kedem. « Jusqu’ici, nous n’avons reçu qu’une réponse du Mouvement de défense des Droits de l’Homme » bleu et blanc « , de l’organisation » Honenu « et du Comité public contre la torture en Israël, les organisations restantes refusant d’aider, affirmant qu’elles ne prêtaient assistance qu’aux palestiniens désirant poursuivre l’Etat d’Israël « .

Nave Dromi, directeur de l’Institut de Stratégies Sionistes de défense des Droits de l’Homme  « Bleu et Blanc », a déclaré à 360 que le mouvement avait décidé de venir en aide aux victimes de la torture pratiquée par l’Autorité Palestinienne et a tenté de réunir des médecins pour faire face à des difficultés similaires.

« Nous sommes une organisation nationale sioniste de défense des Droits de l’Homme qui s’efforce de montrer qu’il est possible d’être une organisation de défense des Droits de l’Homme et d’aimer Israël« , explique Dromi.

« Nous disposons déjà de médecins qui coopèrent et nous aident, mais en raison du grand nombre de demandes et de cas, nous avons essayé d’approcher les autres avec une demande d’assistance et nous avons été surpris de découvrir que cela n’était pas possible. On nous a répondu « vous êtes une organisation de droite « , » vous êtes d’extrême droite « , et il y en a aussi qui ont laissé entendre que cela les gênait de nous aider à agir contre l’Autorité palestinienne . « 

Selon Dromi, « Il s’agit d’une noble cause et nous ne nous attendions pas à leur refus d’aider, nous avons donc décidé de nous tourner vers le public« .

Dromi a lancé une campagne sur Internet pour collecter des fonds et demander de l’aide pour recruter des médecins spécialistes afin de procéder aux examens médicaux nécessaires et rédiger un résumé à soumettre au Tribunal.

« Nous considérons qu’il est de notre devoir moral d’aider ces personnes qui ont risqué leurs vies ainsi que celles de leurs familles pour la sécurité d’Israël« , souligne Dromi. « Toute l’assistance et le bénévolat sont d’une aide précieuse. »