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Une étude révèle que l’antisémitisme et l’islamophobie se propagent avec une grande facilité sur Facebook, Instagram et Twitter.

Par Sharon Wrobel, The Algemeiner

La propagation continue des théories du complot COVID-19 sur les réseaux sociaux ouvre de nouvelles voies pour les récits antisémites et islamophobes, a averti un nouveau rapport de l’Institut pour la liberté de foi et la sécurité en Europe (IFFSE).

Le rapport, qui a analysé l’antisémitisme et l’islamophobie comme des phénomènes « recoupés », a constaté que 18 mois après le déclenchement de la pandémie, des narratifs anti-juifs et anti-musulmans liés au COVID continuaient de fleurir, diffusables et facilement accessibles par le public sur les réseaux sociaux Twitter, Facebook et Instagram.

« De nombreux leaders communautaires, experts et responsables intergouvernementaux impliqués dans cette recherche ont exprimé l’opinion que les entreprises de médias sociaux profitent du discours de haine diffusé sur leurs plateformes, au détriment des communautés juives et musulmanes confrontées à des préjugés et des menaces toujours plus nombreux pour les libertés religieuses », indique le rapport.

Basé à Munich et à Bruxelles, l’Institut pour la liberté de foi et la sécurité en Europe se décrit comme un « groupe de réflexion multidisciplinaire » et est une initiative de la Conférence des rabbins européens.

Le groupe a découvert que parmi certaines communautés religieuses européennes, en particulier en Allemagne, il existe une menace perçue accrue parmi les juifs et les musulmans, la haine en ligne entrainant pour eux une peur réelle d’exprimer publiquement leur foi.

Faisant écho à d’autres études menées pendant la pandémie, le rapport cite des narratifs en ligne, notamment l’idée selon laquelle les juifs orchestreraient le COVID-19 afin de prendre le pouvoir, ou profiteraient financièrement de la pandémie et du déploiement du vaccin. Rien que sur Instagram, le hashtag #jewworldorder comptait 13 900 publications liées, 16 mois après le déclenchement de la pandémie mondiale. Les publications avec des hashtags comprenant l’expression « Nouvel ordre mondial » en anglais, français, espagnol et allemand s’élevaient à plus de 45 000 en juillet 2021.

En parallèle, le rapport a mis au jour du contenu islamophobe sur les réseaux sociaux accusant les musulmans d’être impurs ou de propager délibérément le coronavirus. De nombreux utilisateurs de médias ont été surpris alléguant à tort que les musulmans propageaient délibérément le COVID-19 comme une forme de « jihad biologique », ou affirmant que les communautés musulmanes avaient été autorisées à contourner les restrictions liées au COVID-19 parce que les autorités craignaient d’être perçues comme critiquant l’islam.

Le rapport indique que les réseaux sociaux semblaient dépassés par la « nouvelle vague de racisme en ligne » et que malgré certains efforts pour agir, ils avaient fait preuve d’une « volonté ou d’une efficacité » insuffisante.

« Alors que peu d’actions explicitement violentes ou terroristes ont été liées au mouvement du complot COVID, la violence a joué un rôle dans le langage utilisé sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’un problème de grande envergure qui, à juste titre, fait l’objet d’une attention considérable en ce moment. Les preuves ont été clairement présentées, maintenant les entreprises de médias sociaux doivent agir », a exhorté Hannah Rose, auteur du rapport.

Un certain nombre de recommandations politiques clés pour les entreprises de réseaux sociaux, les gouvernements et la société civile ont été proposées, notamment la nécessité de signaler les contenus antisémites et islamophobes de la même manière que la désinformation liée au COVID.

« Nous savons que la technologie est disponible et que les plateformes reconnaissent le potentiel de méfaits hors ligne de la désinformation liée au COVID, cela doit maintenant être appliqué au racisme en ligne », a exigé Rose.

En outre, les gouvernements devraient introduire une nouvelle législation pour réglementer les plateformes de réseaux sociaux et inclure un financement suffisant pour encourager son succès, ainsi que créer des sanctions en cas de non-respect, a-t-il été demandé.

« Les communautés musulmanes et juives devraient s’engager dans un travail interreligieux significatif et productif sur les menaces communes auxquelles les deux communautés sont confrontées », suggère le rapport.