Ne voyant plus aucun avenir au sein d’une bande de Gaza dirigée par le Hamas, un jeune palestinien s’est publiquement immolé. Un signe de protestation fort contre l’organisation terroriste. 

Par: L’équipe d’Unis avec Israël et AP

Un jeune palestinien s’est immolé en public dimanche, en signe de protestation contre les lois appliquées par le Hamas dans la bande de Gaza.

Fathi Harb, 20 ans, se trouve dans un état modéré après s’être immolé en public. Un acte dramatique, commis, selon sa propre famille, en raison de son désespoir lié aux conditions de vie catastrophiques imposées par le Hamas à Gaza, l’organisation islamique dirigeant le territoire.

Alors même que l’acte de suicide est strictement proscrit par l’Islam et que de tels incidents sont relativement rares à Gaza, plusieurs dizaines de cas ont été rapportés au cours de l’année précédente, parmi lesquels figurent des immolations. Cependant, c’est la première fois qu’un tel acte a été filmé et publié en ligne, faisant par la suite état de nombreux partages.

Au travers du bref extrait, Harb est déjà enflammé, en train de brûler en face d’un immeuble résidentiel. Le film le montre en train de brûler vivant et de crier à l’agonie. On peut alors observer des passants se précipiter pour éteindre le feu à l’aide de tapis et d’eau.

Le quotidien Ynet, reprenant les propos de témoins oculaires, explique qu’Harb s’est aspergé de liquide inflammable tout en hurlant à l’encontre de son gouvernement.

Majda, la mère du jeune homme, a déclaré à The Associated Pess que, la veille, Fathi, son fils aîné, avait déclaré qu’il partait chercher un paiement. Une demi-heure plus tard, la police a débarqué à son domicile, déclarant qu’il se trouvait à l’hôpital après s’être immolé.

Madja a déclaré ne pas savoir avec certitude ce qui avait conduit Fathi à un acte si horrible. Elle a ajouté qu’il attendait son premier enfant et se sentait impuissant du fait de la situation économique critique à Gaza.

« Que peut faire un homme lorsque sa femme accouche et qu’il n’a pas d’argent pour un docteur, des couches et du lait », a t-elle dit.

Fathi est un travailleur, qui cherchait n’importe quel emploi rémunéré, a déclaré sa mère. Il avait travaillé en tant que serveur lors d’un mariage et était normalement sur le point de recevoir sa paye, environ 14 dollars, lorsqu’il s’est immolé.

Le Hamas, qui dirige Gaza d’une main de fer, a la plupart du temps nié toute motivation politique ou économique derrière les récents suicides. La police du Hamas a été citée par des médias palestiniens comme imputant l’incident ayant impliqué Fathi à des « problèmes familiaux internes ».

Gaza à court d’emplois, d’avenir, de liberté

Gaza se trouve sous l’autorité du Hamas depuis que le parti a pris le contrôle du territoire en 2007.

Au cours de plus d’une décennie de contrôle par le Hamas, les palestiniens n’ont obtenu que crises et oppression. Ainsi, aujourd’hui, Gaza connait des coupures d’eau et d’électricité quotidiennes, un taux de chômage de 60% chez les jeunes, et des milliers de personnes dans l’attente d’une chance de pouvoir quitter le territoire.

Incapable de proposer une solution, le groupe terroriste islamiste a redoublé d’oppression, notamment en emprisonnant les quelques uns qui ont osé se plaindre publiquement, parmi lesquels les organisateurs de manifestations de rue et des personnes ayant écrit sur Facebook « la vie n’est belle que pour les dirigeants du Hamas ».

A titre d’exemple, l’écrivain local Abdullah Abu Sharek a atterri en prison l’année dernière après avoir écrit sur Facebook « les gens se sont pas inébranlables ». 

« Ils ne peuvent rien faire car vous (le Hamas) dirigez Gaza par le fer et le feu… Vous avez ramené Gaza au Moyen-âge« , avait-il écrit.

Les sondages démontrent que près de la moitié des gens quitteraient Gaza s’ils le pouvaient, bien qu’un tiers d’entre eux soutienne le Hamas. Les opposants potentiels se trouvant écrasés, il n’y a aucun espoir que le régime ne change.

Les groupes de défense de droits des palestiniens déclarent que les pratiques tyranniques du Hamas reflètent celles de son rival, l’Autorité Palestinienne basée à Ramallah. Les deux gouvernements ont procédé à des arrestations arbitraires et maltraité des détenus, et tous deux contrôlent les réseaux sociaux et la société civile pour faire taire la dissidence.

L’arrivée au pouvoir du Hamas a été alimentée par la frustration induite par la corruption au cours du règne du mouvement de Mahmoud Abbas, le Fatah.

Ahmed al-Nashar, 64 ans, a déclaré avoir voté pour le Hamas, dans l’espoir « qu’ils feraient quelque chose de bien au nom de la religion », mais en a depuis conclu « il n’y a pas d’avenir ici avec ces gens« .

La misère est accentuée par l’impossible accord entre l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas et le Hamas. De nombreuses et répétées tentatives de réconciliation ont échoué.

 

Israël et l’Egypte, évoquant des questions sécuritaires, ont mis en place un blocus à la frontière, empêchant les déplacements et importations qui pourraient être utilisés à des fins de terrorisme.

« Notre vie n’est qu’une longue série d’attente« , a déclaré Abed Meqdad, professeur. « Vous attendez que l’électricité arrive, que le passage ouvre de nouveau, que la situation s’améliore, et rien ne se passe ».